
Il existe aujourd'hui un malaise silencieux chez de nombreux hommes, qui coexiste avec un malaise tout aussi silencieux chez de nombreuses femmes qui les côtoient. On ne sait plus très bien ce qu'on attend d'un homme. On ne sait plus très bien ce qu'un homme attend de lui-même. Les repères qui structuraient autrefois l'identité masculine — le pourvoyeur, le protecteur, le chef de famille, celui qui ne pleure pas, celui qui décide — se sont largement effrités sans qu'un nouveau socle clair les remplace. Ce vide n'est ni une catastrophe ni une libération pure : c'est une zone de turbulence, traversée à la fois par des avancées réelles et par des confusions profondes.
Ce texte ne prétend pas trancher la question de ce que « devrait » être un homme aujourd'hui. Il propose d'observer ce qui se passe réellement, dans les couples, dans les familles, dans les discours publics, et d'y apporter un regard qui ne soit ni une nostalgie du modèle ancien, ni une condamnation globale du masculin, ni une adhésion naïve à tous les discours qui se présentent comme progressistes.
On observe d'abord une multiplication des discours sur la masculinité, souvent contradictoires entre eux. D'un côté, des voix appellent les hommes à plus de vulnérabilité, d'écoute, de partage des tâches domestiques et de la charge mentale, de présence émotionnelle auprès de leurs enfants. De l'autre, des voix affirment que cette évolution a « émasculé » les hommes, les a rendus incertains, hésitants, en perte de repères.
On observe ensuite une évolution réelle, mesurable, des pratiques quotidiennes. De plus en plus d'hommes participent aux tâches domestiques, s'impliquent dans l'éducation des enfants dès le plus jeune âge, prennent des congés parentaux quand cela leur est accessible, expriment ouvertement leurs émotions dans certains cercles.
On remarque également une difficulté persistante à nommer et à vivre certaines émotions. Beaucoup d'hommes ont grandi avec l'injonction implicite ou explicite de ne pas pleurer, de ne pas montrer leur peur, de ne pas exprimer leur tristesse autrement que par la colère ou le retrait.
On note aussi une confusion terminologique et politique autour du mot « masculinité » lui-même. Le terme est parfois utilisé pour désigner un ensemble de comportements jugés problématiques — domination, agressivité, contrôle — et parfois pour désigner des qualités valorisées — courage, protection, engagement.
Enfin, on observe l'émergence de figures publiques, d'influenceurs, de coachs qui proposent des modèles de masculinité très différents les uns des autres, touchant particulièrement les jeunes hommes en quête de repères.
La sociologie du genre montre que les rôles masculins et féminins ne sont pas des données naturelles figées, mais des constructions sociales qui évoluent avec les structures économiques et familiales. Le modèle de l'homme pourvoyeur unique s'est largement construit avec l'industrialisation et la séparation entre sphère domestique et sphère professionnelle.
La psychologie du développement éclaire un autre aspect : l'éducation émotionnelle différenciée selon le genre. De nombreuses études observent que les garçons reçoivent, dès la petite enfance, moins d'encouragements à nommer et exprimer certaines émotions — en particulier la tristesse et la peur — que les filles, tandis que l'expression de la colère leur est souvent plus tolérée.
L'anthropologie comparée apporte une nuance importante : les sociétés humaines ont connu, à travers l'histoire et les cultures, une grande diversité de définitions de la masculinité.
La psychologie des relations de couple met en lumière un point souvent négligé : la charge mentale et la charge émotionnelle ne se répartissent pas nécessairement de la même manière, même dans les couples qui se présentent comme égalitaires.
Les sciences de l'éducation apportent enfin un éclairage sur la transmission intergénérationnelle des modèles masculins. Un homme élevé par un père absent émotionnellement, mais présent matériellement, tend souvent à reproduire ce même schéma.
Power & Glam considère que la question des nouvelles masculinités ne doit pas être abordée comme un combat entre deux camps, mais comme une transformation en cours, inégale, non linéaire, qui concerne les hommes autant que les femmes qui partagent leur vie.
Power & Glam observe que beaucoup de femmes en quête d'indépendance et de présence à elles-mêmes se retrouvent face à un paradoxe : elles souhaitent des hommes plus présents émotionnellement, plus impliqués, plus communicants, tout en ayant elles-mêmes intériorisé des attentes contradictoires héritées d'un autre modèle.
Power & Glam formule ainsi une distinction essentielle : il existe une différence entre un homme qui change parce qu'il craint de perdre sa relation, et un homme qui évolue parce qu'il a lui-même identifié ce qui, dans son fonctionnement, l'empêche d'être pleinement présent.
Power & Glam considère également que la transformation féminine ne peut pas se construire uniquement en opposition ou en attente d'un changement masculin. La démarche que propose Power & Glam invite les femmes à construire leur présence, leur clarté et leur indépendance indépendamment de l'évolution de l'homme avec qui elles sont en relation.
Enfin, Power & Glam relève que le débat public sur les nouvelles masculinités oublie une dimension essentielle : la capacité d'un homme à être présent ne se mesure pas à son adhésion à un modèle idéologique donné, mais à sa capacité concrète d'écoute, de responsabilité et de constance dans la relation.
Un exercice d'observation sans jugement. Pendant une semaine, notez les moments où vous avez ressenti un déséquilibre de charge, d'écoute, de présence. Décrivez précisément le fait observé, sans l'interpréter immédiatement.
Une clarification des attentes contradictoires. Notez dans deux colonnes ce que vous attendez d'un homme en matière de force et de protection, et ce que vous attendez en matière de vulnérabilité et d'écoute. Observez si ces attentes sont conciliables.
Une conversation sur la charge mentale. Choisissez un moment calme pour évoquer, avec des exemples concrets, la différence entre les tâches accomplies et l'anticipation permanente qu'elles nécessitent.
Une question à se poser sur son propre rapport à l'attente. Demandez-vous : « Est-ce que j'attends que cette relation change pour me sentir en sécurité, ou est-ce que je construis cette sécurité indépendamment de son évolution ? »
Un temps d'observation des modèles masculins qui vous entourent. Repérez, parmi les hommes de votre entourage, les modèles de masculinité qu'ils incarnent, et notez ce qui vous semble nourrissant ou limitant pour une relation équilibrée.
Les nouvelles masculinités ne se construiront pas en un jour, ni par un simple changement de discours. Elles sont le fruit d'une transformation lente, inégale, traversée de résistances et d'avancées, qui concerne à la fois les hommes qui la vivent et les femmes qui la côtoient.
Ce que Power & Glam propose n'est pas d'attendre que les hommes changent, mais de construire, indépendamment de ce rythme extérieur, une présence à soi suffisamment stable pour entrer en relation avec justesse, sans dépendance excessive ni renoncement à ses besoins réels.
Power & Glam accompagne les femmes qui souhaitent habiter pleinement leur vie et leurs relations. Le programme Revenir à Soi propose un parcours structuré de huit semaines. Le Cercle ouvre chaque mois un espace de réflexion collective et de présence. La première rencontre a lieu le 11 juillet 2026.
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